Jeudi 26 octobre 2006, après 2 semaines de très mauvais temps sur le Golfe de Gascogne, "Neptune's car", le catamaran de catasailing.com peut enfin s'élancer vers les Antilles pour la saison d'hiver. A bord, Hervé, navigateur et pêcheur émérite, et Yoann, récemment bachelier, qui va vivre sa première Transat et atteindre la majorité au milieu de l'Atlantique. Bertrand et Philippe vont nous rejoindre aux Canaries, et Guillaume au Cap Vert.
Après la tempête, le calme plat règne sur le Golfe de Gascogne, et c'est sous la poussée de nos deux moteurs Yamaha que nous nous rapprochons de Ténérife, notre première escale. Dans ces conditions, les frigos se remplissent de bonite et de daurade, et il faudra même espacer les séances de pêche pour ne pas gaspiller les précieuses ressources naturelles que nous offre l'océan. A notre arrivée à Ténérife, les filets de poisson frais feront le régal de nos voisins de ponton.
L'accueil à Ténérife est décevant: tarifs portuaires exorbitants, avec l'application d'une nouvelle taxe régionale, sanitaires reconstitués dans des "Algéco" en décomposition, nuisances sonores, prix élevés pour un service très en retrait... Bref, dès l'avitaillement terminé, et les nouveaux équipiers embarqués, c'est-à-dire moins de 48 heures après notre arrivée, nous repartons vers le Cap Vert.
Avec des vents faibles de Nord, il nous faut un peu moins de quatre jours pour atteindre Sal en tirant des bords de largue sous genaker. Au petit matin, nous jetons l'ancre dans la baie de Palmeira, petit port tranquille au Nord-Est de l'île. Pendant que Yoann part surfer La vague de l'île, nous découvrons nos voisins de mouillage. Le monde est tout petit, et le Breton très grand...
A quelques mètres du bateau, nous trouvons Yann, sur son Damien, qui a quitté l'Aber-Wrac'h quelques mois auparavant, et fait route vers le Grand Sud, "Bruno la Jonque" et Elise, qui sont partis de Portsall quelques semaines avant nous, et qui se rendent au Brésil. Là-dessus arrivent deux albatros des mers du Sud... Alain Caradec et Claudine, qui après avoir passé l'été dans le Grand Nord redescendent vers le Grand Sud, en Argentine et en Patagonie, pour aller passer l'hiver au chaud!!! Nous ne nous étions pas revus depuis vingt-cinq ans...
Après avoir arrosé dignement ces retrouvailles, visité Sal... et sa saline, puis Boa Vista, nous mettons le cap vers Mindello, pour ravitailler avant la traversée de l'Atlantique. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le Cap Vert est dénué de richesses naturelles. La terre est aride, la pluie y est rare. Mais l'accueil est chaleureux et la population, insouciante, vit au rythme de l'océan, bercée par le souffle des alizés.
Après avoir débarqué Philippe, rappelé par ses occupations à terre, nous hissons les voiles et quittons le vieux continent, cap sur les Antilles. C'est la deuxième Transatlantique en moins de six mois pour le catamaran. Les alizés ne sont pas établis, et il faudra plusieurs jours avant d'atteindre des moyennes journalières supérieures à dix noeuds. La fin de la traversée sera même un peu sportive, avec un front générant des vents dépassant régulièrement les quarante noeuds. La mer croisée très forte perturbe la récupération de l'équipage, à l'exception d'Hervé, imperturbable dans son pyjama rayé du coucher au lever du soleil...
Mercredi 22 novembre 2006, après avoir pêché un mahi-mahi qui contribuera pendant plusieurs jours à la survie de l'équipage, nous célébrons dignement l'anniversaire de mon fils Yoann, embarqué de force pour avoir obtenu son bac avec mention, alors que les bulletins scolaires ne laissaient planer aucun doute sur son redoublement (saquer, c'est motiver, et ça... c'est très français!!!). Gâteau d'anniversaire fait "bateau", 18 allumettes en guise de bougies, quelques présents attrapés au Cap Vert, la bonne humeur de l'équipage, une tonne d'énergie positive, et ça restera l'un des plus beaux caps de la vie d'un homme...
L'atterrissage se fait à Barbuda, dans un coup de vent de Nord. L'île est déserte, et même les douaniers restent introuvables. Des dollars locaux échangés dans la rue, un carton de bouffe à la petite alimentation, quelques langoustes bien négociées, plusieurs kilomètres de plage déserte avec un sable fin d'un blanc immaculé, presque comme à Stagadon, et ce sera l'une des plus belles escales de "Neptune's car" aux Antilles .
Le lendemain, nous appareillons pour St Barth. L'accueil est sympathique et la vie s'y écoule toujours aussi paisiblement, au rythme des dollars. Il y règne une sérénité et une douceur de vivre que l'on ne retrouve pas partout ailleurs. Après quelques jours en France, partagés entre le Salon Nautique et un Noël un peu anticipé, les navigations se succèdent: St Barth, et sa réserve naturelle, St Martin, Anguilla et les Iles Vierges au Nord, Antigua, Barbuda, la Guadeloupe et ses trésors au Sud, sans oublier Montserrat, St Kitts, Nevis, et Saba...
Sorties journée entre St Barh et St Martin, croisières de quelques jours entre les îles, opérations "incentive" à plusieurs bateaux...La régate du tour de l'île, à St Barth, restera un bon souvenir. Assisté de Patrick et Annie Hélies (perdus là avec leur Cigale!), et de Patou, nous avons eu le plaisir de naviguer avec des bateaux prestigieux comme Endeavour, Ranger, ou des Swann de plus de 100 pieds, que nous mettions un peu de temps à gratter...
L'arrivée de la Transat Belle-île Marie-Galante marque dans la bonne humeur la fin de la saison. Le catamaran a été réquisitionné par l'équipe de Cercle Vert, emmenée par Joceline et Jean-Claude, venue en force accueillir son coureur maison, Gildas Morvan. Comme d'habitude, l'ambiance est au vert à l'arrivée de la course... du moins à certaines heures seulement!!!
Nous sommes déjà fin avril, la saison aux Antilles se termine. Après quelques dégustations de Rhum à Marie-Galante, il faut se préparer pour une nouvelle traversée de l'Atlantique.
Retour à St Barth pour un départ imminent vers la Bretagne, qui commence à me manquer sérieusement...
A très bientôt sur www.catasailing.com