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Retour à St Barth... (octobre - décembre 2007)


Lundi 22 octobre 2007, après une quinzaine de jours au sec, le catamaran « Neptune’s car » de catasailing.com retrouve l’élément liquide au quai du Slellac’h à St Pabu sous les yeux de François Bégoc du Chantier des Abers. Pendant 2 semaines, le bateau a été l’objet de toutes les attentions. Tout d’abord, il a fallu panser les petits bobos après une année de navigation, dont 2 transatlantiques et un Figaro: reprises de strat et peinture, remplacement d’une partie du gréement dormant, et surtout les casquettes destinées à remplacer les fameuses tentes Queshua un peu malmenées pendant les 2 dernières étapes de La Solitaire Afflelou Le Figaro. Après l’arrivée de la course, la triste décision avait été prise de remplacer les célèbres « tentes Queschua du canal St Martin » par des casquettes en dur.

Conçues par Jean Marie Guiriec, le shaper d’Exocet, elles ont été réalisées et posées par le chantier Bégoc.

Le lendemain de la mise à l‘eau, après avoir nettoyé, remâté et réarmé le bateau, il a fallu mettre le cap sur Lorient pour participer aux côtés d’ «Etoile Filante» à quelques opérations « incentive ».

La saison Bretonne s’achève sur de belles navigations à 2 catas entre Lorient, Groix et Belle-île, pour le plus grand plaisir des participants, malgré des températures un peu fraîches.

Le 12 novembre, la météo est favorable, et le bateau est enfin prêt (presque!!!) pour descendre dans le Sud avant de traverser l’Atlantique. Avec une fin de parcours au près serré, il faudra un peu moins de 6 jours pour atteindre Madère avec une courte escale en Galice.

L’escale à Funchal est vraiment un moment de bonheur. Température douce, végétation luxuriante, architecture préservée, population chaleureuse, gastronomie ensoleillée, tout est fait pour s’y sentir bien.

Quatre jours plus tard, nous repartons avec un peu de regret… pour revenir le lendemain! Après 60 milles de navigation, le système de barre hydraulique (qui avait pourtant fait l’objet d’une révision complète avant de partir) ne répond plus. Nous devons en urgence installer le système de secours pour retourner à Madère et réparer. Ce n’est pas grave; juste un raccord mal serré un Vendredi après-midi en début de RTT… et nous nous retrouvons en très mauvaise posture, un peu comme dans un camion sans freins et sans direction en descendant les Monts d’Arrée!!!

Avec Gégé à la barre franche, perché sur sa coque façon cata de sport, nous regagnons Madère dans la nuit. Le lendemain, après avoir réparé, nous repartons vers la Goméra.

Nous profitons d’une escale de 3 jours à la Goméra pour réapprovisionner le cata et nous gaver de tapas avant de faire le grand saut. L’accueil y est beaucoup plus sympathique et autenthique que dans la grande soeur voisine, Ténérife, où nous nous étions pris pour des pigeons de passage, un an auparavant.

Nous partageons les quais du petit port de la Goméra avec une colonie d’Anglais, fraîchement débarqués de leur caillou pour traverser l’Atlantique à la rame en compétition, à 2, 3 ou 4 par bateaux dans différentes catégories. Connaissant la capacité de nos cousins anglais à tirer profit du moindre rayon de soleil, je m’étonne de l’absence de tauds de soleil sur les bateaux; contraire au règlement, me dit-on!!! J’imagine qu’à l’arrivée, ils vont tous ressembler aux bons homards de Lulu, après 15 mn de cuisson à l’eau de mer. Chapeau quand même, et merci encore... Car au moindre petit coup de blues à bord pendant la traversée, une pensée pour eux, et tout redevenait rose, comme les homards de Lulu…

Le 28 novembre, en fin d’après-midi, le grand catamaran s’élance pour sa quatrième traversée de l’Atlantique en 2 ans. Les alizés ne sont pas encore établis, et les premiers jours se déroulent au pas…

Très vite, nous commençons à doubler d’autres cousins anglais, plus malins ceux-là… car à la voile. Quelques jours auparavant, 230 voiliers, en majorité anglais, se sont lancés dans la grande aventure, direction Ste Lucie; une bonne manière de se sentir moins seul et plus en sécurité en traversant l‘Atlantique. La première victime de notre chasse à l’anglais sera le célèbre monocoque Amro de 60 pieds, reparti après une escale technique. Ensuite, les rencontres se succèdent, ajoutant un peu de piquant aux longues journées de navigation solitaire. Une fois, par VHF, nous avons même été invités à boire le café par une charmante suédoise énervée à l’idée de se savoir rattrapée par un équipage de bretons « pur beurre ». Après les avoir courtoisement salués, nous avons finalement décliné l’invitation, trop risquée à mon goût!!!

Au rythme de ces nombreuses rencontres, des après-midi tarot et des soirées crèpes, les journées et les nuits en mer se font moins longues.

Plutôt clémentes en début de traversée, avec des alizés absents, les conditions de navigation se sont durcies sur la fin. La dépression tropicale Olga nous a précédé, et un front très actif persiste sur le Nord de l’arc Antillais. Nous naviguons plusieurs jours dans une mer forte et croisée, avec des vents variant en quelques minutes de 10 à 45 nœuds.

Il nous aura fallu un peu moins de 12 jours pour rallier les Canaries aux Antilles. Outre le vent, qui est encore gratuit, nous aurons consommé 20 litres d’essence et 40 litres de gas oil pour traverser l’Atlantique en fabriquant notre eau, notre froid et notre électricité à près de 10 nœuds de moyenne. Un record écologique pour un bateau de croisière, quand on sait que certains voiliers peuvent utiliser plusieurs milliers de litre de gas oil pour un même parcours… N’est-ce pas Olive???

C’est en Guadeloupe que nous dégusterons les premiers Ti Punch. Après 3 jours d’escale méritée passée entre l’îlet Gosier et l’archipel des Saintes, nous mettons le cap sur St Barth, notre destination finale.

Une courte escale à Montserrat, pour échapper à une navigation de nuit dans une mer toujours difficile, nous aura permis de constater que le Vendredi soir à Montserrat, c’est la fête au village… Montserrat, avec son volcan crachant des fumées nuit et jour, et son immense «no man’s land» semé de belles maisons abandonnées, c’est un peu Beyrouth aux Antilles. L’émotion nous prend en longeant la côte sous le vent, dans les vapeurs souffrées échappées du volcan quelques centaines de mètres plus haut. Dans les reflets d’un coucher de soleil digne de cet instant, nous vivons un grand moment de recueillement.

Le lendemain, malgré une mer croisée très dure, nous repartons vers St Barth, poussés par les fameux vents de Noël. C’est avec un magnifique coucher de soleil que nous mouillons à Shell Beach, au même endroit où nous avions levé l’ancre quelques mois auparavant.

L’accueil à St Barth est toujours aussi sympathique, et dès le lendemain, nous retrouvons Yann Gael, ambassadeur du « Pays des Abers » à St Barth, et tous ses copains bretons, d’origine ou par adoption. Après quelques soirées passées au Sélect à relater les moments forts de la traversée, l’équipage se sépare. Les premiers jours sont mis à profit pour achever les petites finitions des travaux réalisés à l’automne.

Noël se passe à St Barth comme en famille. Une petite pensée pour la mienne, qui passera Noël devant le cheminée, de l’autre côté de l’Atlantique. Un grand merci au père Noël et à tous ses lutins pour la magnifique soirée gastronomique entrecoupée de touchantes attentions. Le trésor du capitaine reste toujours un secret, mais l’occasion viendra de vous en dévoiler le contenu…

Le lendemain, il faut repartir pour une croisière de 10 jours aux Iles Vierges, avec deux couples d’amis et leurs quatre enfants. Après une traversée éclair entre St Martin et Tortola avec des pointes à plus de vingt nœuds, nous savourons la beauté des British Virgin Islands: mouillages de cartes postales, aquariums géants, îles désertes, trésors naturels… 2008 prend son envol comme 2007 se termine, sous le signe de l’émerveillement. Bonne année à tous, et tous mes vœux de bonne santé et de bonheur partagé.

Demain, c’est la rentrée, et c’est avec regret que je me sépare de mes passagers d’un instant. « Neptune’s car » et moi repartons pour St Barth, où la saison bât son plein. Au fil des nombreuses navigations autour de l’île, nous continuons à découvrir de nouveaux trésors cachés dans la réserve naturelle et ses environs. St Barth, c’est un peu la Bretagne ou la Corse aux Antilles, mais c’est avant tout St Barth…

Venez nous rejoindre à bord, nous vous ferons découvrir toutes ces richesses en profitant du seul souffle des Alizés…

Bon vent à tous et à bientôt sur www.catasailing.com.



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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